Après avoir remué ciel et terre pour tenter de guérir d'une sournoise maladie, Jacques Gauthier se voyait condamné à passer le restant de ses jours en fauteuil roulant. À 50 ans, il se mettait aux exercices d'étirements. Huit ans plus tard, il traverse le Québec à pied avec sa femme!

Parti de Gaspé le 1er juillet dernier, Jacques Gauthier et Dorothée Lavoie avaient parcouru 1000 km lors de leur arrêt à Montréal, ces jours derniers. Leur "grande marche de la santé" les mènera à St-Bruno-de-Guigues, village natal de M. Gauthier, vers la fin septembre. But du périple? Apporter un message d'espoir à ceux qui pensent qu'il est impossible de vieillir sans douleur.

"J'ai été très malade pendant dix ans, raconte M. Gauthier, teint et yeux pétillants. Je paralysais souvent, j'ai perdu l'usage de la main gauche. Pour freiner l'évolution de cette maladie neurologique, je devais prendre de la cortisone. Un jour, mon médecin m'a conseillé d'arrêter de faire de l'exercice parce que j'avais perdu 20% de ma masse osseuse…"

Il y a neuf ans, voilà qu'il décide d'arrêter les médicaments. "Je me suis retrouvé avec trois problèmes : cette sois-disant vasculite, de l'ostéoporose et de l'arthrite. Malgré la douleur, j'ai commencé à faire des exercices d'étirements, je n'avais plus rien à perdre. "

Finis les médicaments et l'immobilité

Ces rituels tout simples, comme ceux que l'on pratique pour s'échauffer avant une activité sportive, Jacques Gauthier en a fait sa religion quotidienne. S'il réussissait à peine, au début, à ployer le dos pour toucher ses genoux, il prend aujourd'hui ses orteils dans ses mains avec l'agilité d'une ballerine! Sa femme Dorothée s'y est mise avec le même enthousiasme. Résultat : une souplesse de félin, l'énergie d'un volcan en éruption et le souffle de dix marathoniens!

Le Canada peut attendre

Comme douleur et symptômes s'estompaient graduellement, M. Gauthier s'était promis de traverser le Canada pour faire connaître la valeur thérapeutique des exercices d'étirements. Pour des raisons techniques et financières, le couple use ses semelles au Québec cette année mais s'attaquera au Canada dès avril prochain.

"Nous parcourons entre 35 et 40 km par jour en six heures environs, raconte Mme Lavoie. Notre seul problème se sont les ampoules aux pieds!"

Grisé par la sensation de bien être et de liberté, les quinquagénaires prennent le pli des nomades : ils ont d'ailleurs profité d'un arrêt à St-Alexis-des-Monts, où ils demeurent, pour vendre leur maison!

Liberté

"Il y a tellement de liberté dans ce qu'on fait, je me demande si on va pouvoir s'établir après, soutient-elle. Nous prendrons un logement meublé jusqu'en avril, et puis c'est la traversé du Canada! Et qui sait si on va s'arrêter à Vancouver ou poursuivre jusqu'en Californie…"

(sous la photo)
Photo PIERRE VIDRICAIRE
DOROTHÉE LAVOIE, Jacques Gauthier et leur chien Mousse posent devant la roulotte de la Grande Marche de la Santé.